Institut Universitaire
de Formation des Maîtres
de l'Académie de Créteil

Argumentaire du colloque

 

Que disent sur l’école les différents acteurs qui y interviennent ou portent un regard sur elle ? Ces discours ont-ils une spécificité lorsqu’ils concernent un territoire souvent décrit à partir de quelques caractéristiques qui ne peuvent cependant pas le résumer : dynamisme de sa démographie, mutations économiques dont il est le théâtre, tradition ouvrière, diversité d’origine de sa population, forte présence de « zones d’éducation prioritaire » et de « réseaux ambition réussite » et résultats scolaires des élèves souvent sous la moyenne nationale, instabilité de beaucoup d’équipes enseignantes, phénomènes de discrimination sociale qui s’y déploient (une « école de la périphérie »), inégalités d’apprentissage en œuvre dans les classes, densité d’un tissu culturel, associatif et périscolaire… Comment les discours opposent ou articulent la conception de la spécificité et de la généricité de ce qu’est la situation scolaire dans ce département ?

Le colloque confrontera les analyses de chercheurs venus de plusieurs domaines disciplinaires : sciences de l’éducation, sciences de l’information et de la communication, analyse de discours, sociologie, philosophie, histoire, géographie, sciences politiques…

La dimension départementale n’exclut en rien une mise en perspective plus générale permettant d’interroger lieux communs et clichés, à la lumière d’analyse portant sur d’autres territoires, en France et ailleurs. En revanche, le parti pris de ce colloque sera bien celui de chercher à scruter ce qui peut constituer la spécificité des discours ainsi que des implications des discours sur les pratiques, les dispositifs et les politiques, à propos d’un département comme le 93. Les questions à explorer seront celles des discours sur l’école et le collège unique, sur la mixité, la ségrégation, la carte scolaire, le rapport à l’Ecole et au Savoir des jeunes de banlieue, la violence à l’École, l’Éducation Prioritaire, la formation nécessaire pour enseigner en Seine-Saint-Denis ou encore les pôles d’excellence.

Deux axes de réflexion sont proposés.

Axe 1. Discours sociaux, institutionnels et politiques sur l’Ecole en Seine Saint-Denis.

Le discours politique est entendu ici en son sens le plus large de discours d’intérêt général et de projet collectif. Il ne saurait se définir de façon univoque mais apparaît plutôt comme un ensemble de caractérisations hétérogènes et extensives. S’il n’est guère possible d’en fixer le contenu ou la forme, il convient d’en interroger les pratiques et les formes langagières. Quelles stratégies de communication ? Quels mécanismes rhétoriques ? Quels dispositifs d’information ? Qu’en est-il, plus particulièrement de la communication institutionnelle ? Quel traitement par les médias ? Peut-on évoquer une spécificité du traitement de la question de l’Ecole en Seine Saint-Denis ? Quel ancrage dans le débat public ?

Les communications de cet axe pourront porter sur l’analyse de discours en tant que tels, comme sur les modalités de leur genèse ou encore sur leurs effets, leurs traductions volontaires ou leurs influences indirectes sur les dispositifs et les politiques mis en œuvre.

 

Axe 2. Discours des acteurs de l’École en Seine Saint-Denis.

Comment analyser l’évolution socio-historique des relations entre d’un côté des contextes et des formes d’éducation, d’enseignement, d’apprentissage dans ce département, et de l’autre côté les discours qui sont tenus sur ces aspects ? Peut-on même évoquer un contexte particulier auquel se référeraient les acteurs de l’École et dans quelles stratégies discursives ? Quels discours sur les différenciations et inégalités scolaires, sur les différenciations sociales ? Qu’est ce qui participe à l’émergence de ces discours des acteurs ? Et qu’est-ce que ces discours produisent en retour sur les pratiques et sur les mises en œuvre des dispositifs et des politiques ?

 

 

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Les démarches méthodologiques variées seront les bienvenues. L’Analyse de Discours, dans sa dimension interdisciplinaire, privilégiera la diversité des méthodes et des types de savoir, le dialogue épistémologique entre différentes « tendances » de recherche, sur la base d’un postulat fondateur partagé qu’il n’existe pas d’immédiateté, ni d’univocité du sens. L’approche clinique, notamment, pourra contribuer à l’analyse des discours des acteurs.

Toutes ses approches se déploieront au sein de domaines aussi variés que les Sciences du langage, les Sciences de l’information et de la communication, la sociologie, la philosophie, les sciences politiques, l’histoire de l’éducation.

 


  

  

Contenu de la page mis à jour le : 27 Janvier 2012